1:54 LE DERNIER SALON OÙ L’ON CAUSE

Courtesy of 1:54 © Benjamin Hoffman

Pour la troisième édition de l'unique et désormais incontournable foire internationale d'art contemporain africain à Londres, l'ambiance était à l'effervescence. Trente huit galeries avaient posé leur stand dans la grandiose Somerset House au bord de la Tamise et lorsque l'on prenait un peu la température des ventes, la satisfaction était ostensible et frisait parfois l'enthousiasme. Alors que la Frieze battait son plein un peu plus loin aux abords de Regent's Park, 1:54 n'était pas en reste et bénéficiait astucieusement de ce grand rendez-vous mondial de la création contemporaine. Petits et grands collectionneurs, amateurs et spécialistes, institutions, musées et fondations, le défilé des acheteurs ininterrompu pendant la foire donnait une image concrète du "buzz" dont bénéficierait l'art contemporain africain aujourd'hui. Et Touria El Glaoui, la judicieuse fondatrice de 1:54, de faire la remarque suivante: "la plus belle mort d'1:54 ce sera lorsque la foire ne servira plus à rien, c'est-à-dire le jour où la création contemporaine africaine fera partie de l'ensemble du marché de l'art de manière équilibrée." L'appel d'air semblait quoiqu'il en soit bel et bien réel à 1:54 cette semaine.

Courtesy of 1:54 © Benjamin Hoffman


Courtesy of 1:54 © Benjamin Hoffman

Faisons un petit tour de piste de cette foire multi-dimensionnelle :
La galerie londonienne October présentait une œuvre majeure de l'artiste kenyane Naomi Wanjiku Gakunga. Du métal cousu en rond crée une robe au mouvement infini qui entraine le spectateur avec elle. Elle était mise en vente à 50 000 dollars.


Naomi Wanjiku Gakunga, 'Ndumo-The Girls' Dance', 2015, Sheet metal and steel wire,295 x 295 x 31 cm, Courtesy of the artist and October Gallery, 

Photo by  Camille Moulonguet

La galerie October présentait également le travail d'Eddy Kamuanga Ilunga né à Kinshasa en 1991 dont le travail ne cesse d'attirer les collectionneurs. L'oeuvre présentée à 1.54 était mise en vente à 12000 livres.

Eddy Kamuanga Ilunga, 2015, Acrylic and oil on canvas, 200 x 200 cm, Courtesy of the artist and October Gallery 

Photo by  Camille Moulonguet

Une galerie de Seattle dirigée par Mariane Ibrahim-Lenhardt, jeune femme au cosmopolitisme brillant, a suscité un fort intérêt du public durant la foire. Elle présentait des photographies de Fabrice Monteiro dont une issue de la série "The Prophecy".

Fabrice Monteiro, Prophecy VII, 2014, Digital Print, 100 x 170 cm, edition of 5, Courtesy of Mariane Ibrahim Gallery 


Il y avait toujours à la galerie Mariane Ibrahim-Lenhardt des œuvres de Maïmouna Guerressi. Au sol, une installation en noir et blanc: des tapis de prière figurant d'un même mouvement le bien et le mal. Et aux murs, se faisant face deux très belles photographies qui thématisant l'une et l'autre l'ambivalence inhérente à l'origine du monde.

Maïmouna Guerresi, Genitilla al-Wilada, 2007, Lambda print on aluminum, 200 x 125 cm, Courtesy of Mariane Ibrahim Gallery

L'un des clous de cette foire se trouvait à la galerie In Situ: des photographies de Otobong Nkanga, et le tryptique est parti le premier jour au prix de 12000 euros.

Otobong Nkanga, Alterscapes : Playground , 2005-2015, 3 c- print mounted on aluminium
3 x (50 x 67 cm) ( 3 x (54 x 71 cm / 21,2 x 27,9 inch) framed framed ). Edition of 7 ex + 1 AP

Photo by  Camille Moulonguet

La galerie In Situ présentait aussi des tapisseries de l'artiste sud- africain Athi-Patra Ruga qui représentent une société utopique Azania, qui n’a ni frontière ni peuple, mais qui accueille tous ceux qui n’ont pas pu trouver leur place ailleurs. Le prix de cette oeuvre: 23 000 euros.

©Athi-Patra Ruga, Photo by Camille Moulonguet


Le jour de l'ouverture la galerie Cécile Fakhoury vendait le peintre Yéanzi à 7500 euros. Il travaille sur une toile recouverte de coupures de journaux peints de couches successives et les images apparaissent avec des gouttes de matière plastique.

©Yéanzi, Courtesy of Galerie Cécile Fakhoury, Photo by Camille Moulonguet


Omar Ba semble confirmer l'impact de sa présence sur le marché et Anne de Villepoix avait vendu une grande toile dés le deuxième jour à 15 800 euros et avait changé son accrochage pour une seconde toile du même peintre.

©Omar Ba, Courtesy of Galerie Anne de Villepoix, Photo by Camille Moulonguet

Et pour vraiment finir par le meilleur, il y avait deux œuvres majeures de l’artiste camerounais Salifou Lindou qui de son style si particulier parvient si bien à nous parler. C’est la galerie MAM de Douala au Cameroun qui présentait ces œuvres.

©Salifou Lindou, Courtesy of Courtesy of Galerie MAM, Photo by Camille Moulonguet


Textes et photos de Camille Moulonguet 

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