AFRIKADAA PRÉSENTE SILENCE BREAK ON-AIR À LA FONDATION CARTIER




Du 17 au 19 septembre 2015, la Fondation Cartier pour l’art contemporain accueille le projet Pan African Space Station, initié par la revue Chimurenga, au coeur des espaces de l’exposition Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko.

Chaque jour, de 16h à 22h, des personnalités, acteurs et penseurs du continent africain, animent leurs propres émissions lors de temps d’antenne quotidiens au cours desquelles ils accueillent chacun une sélection d’intervenants composée d’artistes, d’auteurs et de musiciens venus d’Europe et d’ailleurs pour faire résonner leur image sonore de l’Afrique contemporaine.

C'est dans ce cadre et sur invitation de Chimurenga que Afrikadaa propose Silence Break On-Air, une programmation conçue spécialement pour l'occasion.

Jeudi 17 septembre : 20h15 - 21h00 (45mn)

Corps à corps,
vidéo, 8 min. 2014.
Louisa Babari / Celio Paillard
"Corps-à-corps" est une performance vidéo de Célio Paillard et Louisa Babari. L’œuvre interprète « Fanon, le corps à corps colonial », un texte de Seloua Luste Boulbina paru dans la revue Afrikadaa en mai 2014, dans son numéro intitulé « Le corps médium ». Le texte parle de l’expérience de Frantz Fanon alors psychiatre à Blida Joinville en Algérie. Les mots de Seloua Luste Boulbina, philosophe et spécialiste des questions post coloniales ne rendent pas simplement compte de cette révolte, ils la prolongent et l’amplifient, afin qu’elle demeure vivante et opérante. C’est alors le corps entier qui s’incarne dans la voix ; qui à chaque mot scandé sur l’écran, devient âpre et rugueuse, s’emporte et s’emballe. Performer, ici, s’entend dans le sens anglais d’agir. Il s’agit de transmettre un souffle, celui de la révolte.

Haiti Ground Zero
: video 5 min.
Michelange Quay
De nationalité américaine et d’origine haïtienne, Michelange Quay, obtient sa licence de cinéma à l’Université de New York, ainsi que sa licence d’Anthropologie à l’Université de Miami. Il est diplômé en réalisation à la prestigieuse Tisch School of Arts. En 2002, il est le réalisateur lauréat de la Résidence Ciné fondation du festival de Cannes, où il commence l’écriture du film « Mange, ceci est mon corps ». En 2004, il réalise « L’Evangile du cochon créole », un court-métrage de 35 minutes, présenté dans la sélection officielle du festival de Cannes en 2004. Il reçoit aussi le prix du meilleur court-métrage au festival de Locarno, Stockholm,Milan, Rio de Janeiro, Sao Paulo et au festival de Tokyo CON-CAN Movie. En 2008, sort son premier long métrage, Mange ceci est mon corps. Le film est sélectionné aux festivals de Sundance 2008.Il obtient le Grand prix au Festival International du film de Miami .Haïti ground zéro, son dernier projet avec lequel il réalise un prologue de cinq minutes qui amorce la composition de son prochain long-métrage. Le film sonde les origines et la création d'Haîti et qui utilise « la musique comme un élément du débat qui questionne le ressenti du spectateur. »

LEGBA, 10 min.
Jephthé Carmil
L’artiste visuel invite pour une lecture performative accompagné de Chine Phashe, tromboniste sud-africain.
Uxu, Eleggua, Elegbara, Atibon Legba sont les multiples noms que prennent Legba, ce loa du panthéon vaudou. Maître des cimetières, il assure le passage du monde visible au monde invisible. Celui-ci circule autant dans les imaginaires béninois, brésiliens, cubains qu’haïtiens.
Ici, LEGBA se révèle par les gestuels de la main. Le jeu de contraste avec la lumière joue sur la frontière entre réel et fiction et invite à voyager avec cette figure dans un certain inconnu. Que laisse t-on percevoir de soi, que garde t-on pour soi et qu’est-ce qui échappe à soi ?
Cette performance sonde les tentatives illusoires d’une maîtrise de soi en se demandant si LEGBA ne serait pas finalement la métaphore de ce fantôme qui navigue dans notre moi fragmenté ?

Congadas a story that moves forward repeating itself, 10 min.
Fabiana Souza
Lecture performative sur le thème du reenactment (reconstitution) des Congadas : performances afro-brésiliennes qui mettent en scène le couronnement du Roi Chico Rei - récit épique de Galanga - un souverain Congolais qui aurait été enlevé par des marchands d’esclaves portugais aux alentours de 1740. La performance consiste à montrer une vidéo sur ces diverses manifestations qui ont lieu dans différentes villes brésiliennes. La vidéo sera accompagnée par une réflexion de l’artiste sur le rôle de l'actualisation performative de l'histoire, activée par les reenactments.

Vendredi 18 septembre : 20h00 – 21h00 (1h)

KrX VisuaL DrumS, performance musicale : 20 min, 2015.
Christiane Prince et Pascale Obolo
Création sonore sous forme d’un Répertoire cosmique, musicale en conversation avec SUN RA.

Christiane Prince est musicienne, auteure, compositrice, interprète, et choriste, Elle est l'une des rares femmes reconnues au sein du monde masculin des batteurs. Passant du rock à la soul, de l’électro au reggae, elle est présente sur tous les fronts du studio à la scène.  Sollicitée par des artistes nationaux et internationaux. On la retrouve sur de nombreux albums, bandes  originales  de  films,  tournées  live,plateaux  télé  ou radio… Par albums, bandes originales de films, tournées live, plateaux télé ou radio… Par son groove, sa frappe, sa vision de la musique et sa créativité, Christiane marque son style. Elle joue avec Camille Bazbaz & The BAZBAZ Orchestra, Winston McANUFF et Philippe KATERINE. Elle expérimente une recherche sonore sous le nom de KrX. Elle est accompagnée du collectif, expert en scénographie visuelle et maping, « Système Métrique » (Vj Tomz, FredY Fruchard, Clém Valon et Jgreuh)

Pascale Obolo est rédactrice en chef de la revue afrikadaa et cinéaste, née à Yaoundé, Cameroun. Elle étudie au Conservatoire Libre du cinéma Français en section réalisation, puis obtient un master de cinéma à l’université de paris VIII, section cinéma expérimental. Ses premiers films documentent le début du mouvement Hip Hop et la scène parisienne graffiti. Cinéaste féministe, elle a également porté son regard sur la place de la femme dans les milieux artistiques. Ses films ont été montrés et primés dans de nombreux festivals. Sa démarche artistique cinématographique est souvent issue des arts plastiques et numériques, rompant délibérément avec les codes narratifs traditionnels, les codes visuels ou clichés que l’on a de l’Afrique et de sa culture. “Je cherche à recréer une Afrique futuriste qui s’interroge sur sa mémoire et son avenir.” Activiste, les thèmes de l’identité, de l’exil, de l'invisibilité et de l’immigration sont abordés dans son travail. Pascale Obolo produit et réalise « des objets filmiques » car elle refuse d ‘être limitée à un genre cinématographique. Ses travaux ont été exposés et diffusés au Musée du Montparnasse, au Musée du Quai Branly, au Manège de Dakar, à Beaubourg, à la Fondation David Roberts, au Mac Val. Son dernier film Calypso Rose, the lioness of the jungle a remporté au FESPACO en 2013 (section documentaire) le prix Yennega d’argent.

Conversation sur la naissance de la plateforme True Africa, 15 min
Claude Grunitzky 
Le continent africain ne se contente pas d’adopter les technologies, il les adapte aussi, à ses besoins, sa culture. Tel Vérone Mankou, surnommé le « Steve Jobs » congolais. A 28 ans, il est le fondateur de l'entreprise VMK (version abrégée de l'expression « Vou Mou Ka » ou « Réveillez-vous » en dialecte kikongo), créatrice de smartphones et tablettes « Made in Africa ». Ou encore son jeune compatriote Michael Kazadi, qui finance par crowdfunding, et avec l’appui de l’Université de Georgie aux États-Unis, sa ferme high-tech qui cherche à élever des criquets en plein Kinshasa, pour consommation locale.
L’idée serait de présenter, pendant 10 minutes, quelques innovations portées par de jeunes entrepreneurs africains. Vérone Mankou, mais aussi Thierry N’Doufou, Ivoirien, inventeur de la première tablette éducative africaine Qelasy, en passe d’inaugurer une chaîne de production dans son pays. L'Afrique recycle aussi de façon créative les composants, à l’instar d’Afate Gnikou, Togolais, concevant des imprimantes 3D à partir des déchets informatiques au sein de l’incubateur Woelab, ou Sam Kodo, lauréat du Forum des Jeunes Entrepreneurs Togolais, prix Anzisha Award, inventeur robotique invité par Obama à la Maison Blanche. Pour terminer sur un échange Skype de cinq minutes avec le jeune Michael Kazadi, qui nous parlera de son projet “Made in Africa”.

Le rêve d'Icare, slam 10 min.
Lord Eraze 
Lord Eraze de son vrai nom Aimé N'Tsiangana, est un artiste poète, fils de Tonton Kadian premier organisateur des ballets congolais à Paris. Après avoir fait le conservatoire de Chartres au saxophone, il rejoint en 1984 le mouvement Zoulous. L'amour de la musique l'amène à organiser et à se produire dans de nombreuses manifestations à travers la France. Il travaille en tant que chroniqueur à la Radio Libertaire.

Samedi 19 septembre : 20h00 – 21h00 (1h)

Voyage sonore - Dj set, 15 min.
DJ Reyz 
Le D4, véritable laboratoire musical, s’échappent des sons et samples résolument funky. En véritable homme-orchestre expérimental, il joue lui-même tous les instruments, appose sa voix, trafique platines et logiciels et n’hésite pas à utiliser bouteilles vides ou pleines en guide de claps. Utilisant des matériaux de récupération et ce qu’il appelle l’ordinateur primaire (primary-biological-computing), le cerveau humain, Reyz se réinvente en extra-terrestre plus à la manière de Joe Norton dans « Brother from another planet » que de Will Smith dans « Men in black ». A l’occasion de cet événement conjoint à la Fondation Cartier, il nous invite dans son vaisseau pour un voyage cosmique entre l’Afrique et le Nord-Est de l’Amérique.

Les luttes, 10 min
Nadia Yala Kisukidi
Lecture performative d’un texte extrait de son premier roman, intitulé « Les luttes » (encore non publié).

Congo Landscape, vidéo 5 min
Michèle Magema 
Dans cette œuvre, l’artiste invite le spectateur à concevoir le Congo (RDC) tel un paysage labyrinthique. Magema, propose un parcours déambulatoire sans issue. La circulation se fait dans une architecture où le chemin se cherche à travers les prismes de la mémoire. En référence au mythe de Thésée guidé par le fil d’Arianne, l’artiste utilise des objets pour la guider. Dans son cheminement, elle dessine trois trajectoires difficiles à saisir dans leur globalité: la sienne en construction, celles de son père et de sa mère déjà effectives. Par son action, elle matérialise ainsi, leurs voyages dans les grandes villes de la RDC. Le mécanisme abstrait qu’elle met en place, réduit les noms des villes à des points, parsemés tels des constellations.,

Kin Kitoko, performance dansée, 10 min.
Compagnie de danse BonneEnfant (deux danseuses) 
Kin Kitoko est une performance dansée réalisée à partir d’une play list réalisée avec DJ Reyz,
allant de la rumba congolaise des années 1920 (avec des artistes tel que Tabu Ley, ou encore Papa Noël ) jusqu’ à la musique kinoise actuelle.


info.reservation@fondation.cartier.com
T. +33 (0)1 42 18 56 72
Plein tarif > 10,50 euros
Tarif reduit > 7 euros
Lives sur la webradio >PASS
www.panafricanspacestation.org.za

Fondation Cartier pour l'art contemporain
261, boulevard Raspail, 75014 Paris
http://fondation.cartier.com

Accès avec le billet d’entrée à l’exposition dans la limite des places disponibles

APPEL A CONTRIBUTIONS / CALL FOR PROPOSALS : AFRIKADAA #10 THE POLITICS OF SOUND





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Comment les créateurs, s’emparent-ils du SON, dans leur production artistique et dans leur écoute du monde ?

Des sons dissimulés dans l’environnement nous incitent à mieux entendre le monde qui, trop souvent, est masqué par le regard.

Écouter autrement !

Ce numéro est pensé comme un voyage sonore. Sonorités discordantes ou accordantes, l'art sonore est souvent un art de l'affect. En portant un intérêt au son, il s agit d’ouvrir un champ élargi ou sont convoqués l'expérience des lieux, les parcours et les dérives physiques, les récits, les narrations sonores, et l’exploration de la mémoire pour une suspension de l’oubli. Identifier les différents phénomènes sonores, les modes d’écoutes des sons et la variété des modes de productions. De même qu'on n'écoute pas seulement avec ses oreilles, mais avec son corps. Envisageons ce numéro comme les « Sounds Studies », en associant pratiques sonores et problématiques, mémoire sonore et écriture sonores, poésie sonore et rythme sonore, silence et bruit, espace sonore et parcours sonore.

Les sons émis ne suffisent pas à assouvir les besoins et les visions des artistes, qui les associent à d’autres formes d’expressions artistiques …

“Don ‘t call it music if the term offends you.”


Créer des sons qui n'existent pas dans la nature. Produire des sons que nous n'avons jamais entendus. Des sons inédits peuvent être inclus dans une œuvre, mais leur acceptation ou leur intégration en tant que « les nôtres », permet de décoloniser les perceptions et de démoraliser les savoirs.

Lorsque vous entrez dans une galerie ou un musée, vous n'êtes pas juste entrain d'avoir une expérience visuelle ... La peinture et la sculpture attirent votre attention sur le son. Nous sommes constamment soumis à l’expérimentation sonore sans le savoir. Jusqu'au silence.

Ce numéro d'Afrikadaa interroge le lien actuel, entre l’art et le son. L'histoire du son dans les arts plastiques joue dans un rapport contradictoire fait de tension, de dramaturgie, de pression, d'un récit en creux de signes, par défaut. En somme, dans les arts visuels, on distingue les œuvres sonores plastiques, et les œuvres sonores.

« Le monde est musique » dit John cage


Rétrospectivement ce territoire hybride et dense nous permet de lire autrement l'histoire de l'art, celle de la musique et l'utopie sémiotique qui les traversent de part et d autre. Il est important d’évoquer ces échanges hospitaliers, idéalistes parfois, entre le visible et la sonore.

L'art sonore a-t-il la capacité de créer des fictions, de revisiter des histoires passées, présentes ou futures ? Les fictions sonores de ce prochain numéro, vont permettre d’aborder sur le plan sociopolitique différents courants musicaux qui ont marqué les luttes des droits civiques ou les luttes panafricaines. Ces fictions traverseront une histoire esthétique du son et de la musique. Ces narrations sonores peuvent se reproduire au travers des créations politiques, telles les extravagances frictionnelles de l’afrofuturisme, de la généalogie extraterrestre de Sun Ra, aux voyages interplanétaire de Doctor Octagon regagnant la planète terre par le fax. La musique devient la promesse d’un monde, autre.

C’est ce que nous allons questionner au cours de ce numéro dédié au son.

Petit conseil pour les vacances : afin d'être inspirés par ce prochain numéro n'oublier pas de mettre dans vos valises : Lee Scratch Perry, Miles Davis, Gil Scott Heron, Sun Ra, Linton Kwesi Johnson, Public Enemy, Last Poets, Afrika Bambaataa, Nina Simone …..,

Nous vous invitons à nous envoyer vos essais, articles, photos, œuvres, poèmes, pièces sonores, et toutes autres contributions autour de cette thématique. N'hésitez pas à nous envoyer votre sélection musicale afin d’ illustrer de votre article pour la conception de la revue sonore de ce numéro .

- Les articles feront au minimum 600 mots et au maximum 2000 mots (soit entre 2600 et 10 000 signes) et seront fournis en .doc

- Les images et documents photos doivent être fournis au format JPEG et d'une résolution de 300dpi minimum

- Chaque photo doit être nommée avec un titre explicite et accompagnée d'un texte indiquant le titre de l’œuvre, une description technique, l'année de réalisation et le nom du photographe.

Date limite pour la réception des articles 29 septembre 2015

Vous pouvez envoyer vos contributions à : contact@afrikadaa.com ou pascaleobolo@afrikadaa.com 


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